Un avenir
sans faim
Pour une alimentation
durable et responsable
Une démographie galopante (7 milliards d’habitants sur Terre au 31 octobre 2011) générerait un doublement des besoins alimentaires d’ici à 2050.
Production agricole, transformation des aliments, transports… L’alimentation est au cœur de problématiques multiples liées à l’environnement, la santé, l’économie. Les implications sociales et sociétales, dépassant les frontières, font de l’alimentation durable et de la sécurité alimentaire un enjeu majeur pour l’avenir de l’humanité.
Le 31 octobrenbsp;2011, l’Organisation des Nations unies (ONU) a rendu son estimation de la population mondiale. Selon ses calculs, la Terre serait aujourd’hui peuplée de 7 milliards d’habitants, soit près d'un milliard de plus qu’en 2000 (6,1 milliards). Au-delà de l’aspect purement démographique, ces chiffres incitent à repenser une question essentielle pour l’avenir de l’humanité : l’alimentation et la sécurité alimentaire. Un enjeu d’autant plus essentiel que les différentes études menées sur le sujet – en particulier le récent rapport de la FAO (Food and Agriculture Organization de l’Organisation des Nations unies) – soulignent un doublement des besoins alimentaires à l’horizon 2050. « L’enjeu consiste à répondre à cette demande croissante dans un contexte environnemental de plus en plus contraignant, marqué par la lutte contre le changement climatique et la réduction nécessaire de l’empreinte écologique humaine », explique Jérôme Mousset, chef du service Agriculture et Forêts à l’ADEME.
UNE RESPONSABILITE SUR TOUTE LA CHAÎNE
L’équation est d’autant moins simple à résoudre que l’alimentation a un poids significatif sur l’environnement. En cumulant la production, la transformation, le transport, la consommation et les déchets induits, la chaîne alimentaire représenterait, selon les travaux publiés par l’Institut français de l’environnement (Ifen), plus de 30 % des émissions de gaz à effet de serre des Français. Une part importante de ces émissions est engendrée par la production agricole, la transformation agroalimentaire et le transport des denrées. À lui seul, l’acheminement des produits agricoles et alimentaires vers les points de consommation représente 17 % du fret ferroviaire et 20 % du trafic routier dans l’Hexagone.
PRINCIPES DE SOLIDARITE
« L’alimentation de demain se doit donc d’être durable, avec des stratégies reposant sur trois piliers : l’environnemental, le social et l’économique », poursuit Jérôme Mousset. Ces trois axes doivent être compris dans une acception large, mettant en jeu des principes de solidarité. Solidarité entre les générations, pour in fine être en mesure de nourrir la population actuelle sans dégrader les milieux (sol, eau…) et ne pas mettre en péril la capacité des générations futures à se nourrir. Solidarité internationale également, car « on ne peut raisonner uniquement à l’échelle d’un pays, comme l’indique le chef du service Agriculture. En effet, les choix de certains pays peuvent générer des difficultés pour d’autres ». Notamment lorsque la production agricole n’est pas alimentaire, il faut s’assurer qu’elle n’engendre pas de compétition d’usage, engendrant une baisse de la disponibilité de matière première, localement ou sur d’autres territoires…
VISION GLOBALE
Un enjeu clé, alors que la demande en denrées est en constante hausse, vise à limiter le « gaspillage alimentaire ». Dans les pays les plus démunis économiquement et socialement, la majorité des pertes alimentaires se fait sur le lieu de production (les champs) variant de 15 à 35 %. À ceci viennent s’ajouter les pertes (évaluées à 10-15 %) issues de la fabrication, du transport et du stockage. Dans les pays industrialisés, les pertes, en quantités tout aussi élevées au final, se situent davantage au niveau de la distribution et du consommateur. Très concrètement, les conclusions issues des recherches d’organismes internationaux spécialisés sur le sujet – FAO en tête – soulignent une réalité vertigineuse : le tiers de la nourriture produite dans le monde serait ainsi perdu chaque année. Conscient des enjeux liés à cette problématique, le Parlement européen, via la voix des Eurodéputés, a appelé, le 23 novembre dernier, à diviser par deux d’ici à 2025 les pertes alimentaires, et a proposé de déclarer 2013 « Année européenne contre le gaspillage alimentaire ».
SALUTAIRE ET SANITAIRE !
Repenser nos systèmes de production, mais également nos régimes alimentaires, est aujourd’hui une priorité pour améliorer la durabilité de notre société de consommation. Les impacts environnementaux de notre alimentation dépendent, en effet, beaucoup de nos choix et de nos habitudes alimentaires. Néanmoins, l’alimentation est un sujet complexe qui ne peut se réduire aux questions environnementales. Les réflexions conduites sur l’alimentation renvoient en effet aux enjeux sur la santé, la sécurité alimentaire, la précarité de certaines populations, l’évolution de nos modes de vie, les traditions culinaires et l’économie des filières. Ces multiples enjeux imposent la mise en œuvre d’approches globales permettant d’analyser les impacts des évolutions alimentaires sous différents angles. Dans ce domaine aussi, l’objectif est probablement de rechercher de nouveaux équilibres entre les enjeux avec une plus grande diversité de solutions dans les domaines de la production, de la distribution et de la consommation… /
20 kg
par an et par habitant : c’est le volume de gaspillage alimentaire au domicile constaté en France en 2007, dont 7 kg non déballés, non entamés.
20 %
des émissions de GES sont engendrés par l’agriculture (2007).
20 %
du trafic routier en France est imputable au transport de produits alimentaires.



















